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Vinciane Despret, fabriquer des mondes habitables

Frédérique Dolphijn dialogue

12 € • 11 x 17 cm • 144 pages • isbn 9782359841466 • 5 novembre 2021 • Orbe

La collection Orbe invite le lecteur à aller voir ce qui se passe hors des sentiers battus avec, en ligne de mire, la relation que l’auteur interviewé entretient avec la proposition « je lis, j’écris, je suis lu ».

Vinciane Despret s'intéresse depuis toujours à la philosophie et à l'éthologie, l'étude du comportement des animaux. Elle se passionne pour les humains qui travaillent avec eux. Sa grande préoccupation sera de savoir comment concilier les deux disciplines, ses deux motifs d'enthousiasme.

Elle va logiquement emprunter la voie de la philosophie des sciences et mettre ses pas dans ceux de deux grands penseurs qu'elle cite - et fréquente - souvent, aujourd'hui encore : Isabelle Stengers et Bruno Latour. Elle veut désormais suivre les scientifiques dans leur pratique, comprendre "comment ils rendent leurs objets intéressants", raconter leur œuvre de "traduction", d'invention. Elle entend comprendre et expliquer comment ils bâtissent une théorie, quelles influences ils subissent, comment l'animal qu'ils observent devient acteur de cette création de savoir.

Dans ce nouvel opus de la collection Orbe, Frédérique Dolphijn interroge le travail de Vinciane Despret et en particulier son rapport à l'écriture, à la lecture, à la transmission de savoirs, et à tout ce qui entoure la recherche : le choix des sujets, la manière dont l'interaction avec le sujet influence la démarche de recherche, la vulgarisation de résultats. Un bel entretien qui nous offre un autre regard sur le travail de longue haleine de cette philosophe-éthologue belge. 

 

 

Dans la presse :

 

Septième titre de la très belle collection « Orbe », Fabriquer des mondes habitables descend à pas de loup et de colombe dans la forge de l’écriture de la philosophe et éthologue Vinciane Despret, de la mise en récit et en pensée de questions à l’interface de la philosophie et de l’éthologie. Adoptant le principe heuristique de la collection — celui d’un piochage dans un massif de mots choisis par Frédérique Dolphijn —, le dialogue emprunte des chemins qui ressaisissent l’articulation entre espace du livre, traduction/accueil des animaux et des morts, proposition de mondes.

Le questionnement du comportement des animaux, des oiseaux passe par l’invention d’un rapport à ces derniers qui se place sous le signe de l’alliance, d’une écoute d’êtres singuliers, réels, arrachés à la grille de la représentation. Le nouage entre propositions théoriques expérimentales, hybridation des registres d’écriture (philosophie, éthologie, récit d’anticipation) et mise en tension des pensées est sous-tendu par une pratique de l’écriture vécue comme adresse, déposition et pragmatique à effets réels. Le plan des travaux de Vinciane Despret est ouvert, branché sur des connexions avec les animaux, les morts, avec le monde des sciences, le dispositif expérimental et irrigué par des dialogues avec Isabelle Stengers, Bruno Latour, Donna Haraway, Ursula Le Guin. C’est sous l’horizon du concept spinoziste de joie que son œuvre se tient, c’est avec l’énergie des « passions joyeuses » qu’elle se construit.

 

Un article de Véronique Bergen dans Le Carnet et les Instants, décembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

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