[presse] Révérends Pères

Un livre comme un cri… retrouvez ici la revue de presse de ce titre bouleversant. 

 


 

" Un douloureux parcours vers une vérité accouchée ", 
Révérend père sur AREAW.

 

Une chronique de Michel Voiturier sur le récit de Jean-Marc Turine, publié sur le site AREAW.

 

Ce livre est étiqueté « récit » par son auteur qui assume ce qu’il raconte de son vécu. Ce n’est pas un plaidoyer. Ce n’est pas un réquisitoire. C’est l’expression difficile d’un passé subi, mis sous le boisseau de l’indicible et resurgi au moment d’entrer dans un âge qui mène peu à peu à la fin ultime de toute existence. C’est la parole d’un corps qui n’a rien oublié. [...]
Turine raconte ce qu’il pensait, éprouvait, ressassait. Il décrit la difficulté à entrer dans la réalité d’une existence ordinaire. Il écrit : « J’étais une marionnette de carnaval en papier froissé ou fait de chiffons comme on en exhibe lors de fêtes populaires pour la plus grande joie des enfants. J’étais dans une détresse sans consolation. C’est ça, je n’étais rien, une simple apparence. Un papier calque. »

 

Lire la totalité sur le site d'AREAW.

 


 

 

Révérend père sur La Viduité

 

Un bel article sur le dernier ouvrage de Jean-Marc Turine, publié sur le site littéraire La Viduité.

 

On ne saurait juger un livre sur son sujet. Il convient toujours d’interroger notre trop-plein, sentiment par essence trompeur. Sans doute faut-il continuer à dire la pédophilie dont s’est rendu coupable l’Église catholique. En creuser chaque parcours, continuer à la refuser. Toute la grande force de la parole de Jean Marc Turine vient de ce refus, d’une très longue incapacité à dire. Une sorte de silence, la difficulté à aimer qui s’en suit.
L’auteur explique comment il revient sur des pages écrites d’un jet, les scènes qui reviennent, la culpabilité de s’être laissé prendre. L’incapacité aussi à totalement se laisser prendre dans une parole collective. Lorsque qu’enfin l’infâme (pour causer comme Voltaire) prétend accepter d’endosser ses responsabilités, Jean Marc Turine ne parvient pas à aller jusqu’au bout, à donner des noms, à faire revivre le désir de revanche, voire, qui sait de réparation. Terrible sentiment d’irrémédiable d’un vieil homme qui prend enfin la parole pour, magnifique sentence : « signifier à beaucoup d’autres jeunes ou vieux, d’autres abîmés ou irréparés, d’autres veilleurs de vie : nous nous connaissons. » 
Révérends Pères ou la valeur de la solidarité par-delà, à cause ou grâce aux traumatismes individuels. Une tension vers le collectif, toujours. L’enfance sauvage, les instants où l’on parvient à échapper aux déterminismes bourgeois, de ses échappées qui, sans doute, permettent d’en dire tout le conformisme.

 

Lire la suite sur La Viduité.

 


 

 

Sur la route de Jostein présente Révérend père de Jean-Marc Turine

 

L’Eglise ressemble furieusement à un parti politique : il est illusoire d’imaginer pouvoir la/le changer de l’intérieur. Soit tu adhères, soit tu la/le quittes. L’Église est une machine à écraser, à ruiner, à broyer toute velléité de changement en son sein.

Alors, il reste l’écriture. Celle qui permet de comprendre, même soixante ans plus tard mais surtout de dire. Certes les témoignages sont aujourd’hui nombreux et ils commencent à être entendus. Mais quand ils ont la force et la sincérité de celui-ci, la qualité stylistique d’un poète, ils prennent une dimension supplémentaire.
Un cri douloureux, un récit sincère  qui ne peut que nous révolter.

 

Lire la suite de l'article ici.

 


 

 

Jean-Marc Turine présente son dernier livre Révérends Pères sur SonaLitté

Le 6 mai sur SonaLittéJean-Marc Turine nous partage un extrait de son ouvrage et répond à quelques questions.

 

Je ne sais pas si ça me sert à grand chose d'avoir écrit ce livre, mais ça servira peut-être à d'autres. Et qu'on puisse ensemble mener un combat contre cette saloperie qui a détruit tellement de mômes.

 

Ecouter le podcast sur SonaLitté.

 


  

Et dieu dans tout ça ? La pédocriminalité au sein de l’Eglise, avec Jean-Marc Turine

 

Un entretien avec Jean-Marc Turine animé par Pascal Claude sur la radio RTBF pour l'émission philosophique Et dieu dans tout ça ?, diffusée le 24 avril 2022.

 

" — Je n’ai jamais rien dit, ou bien si peu. Mais c’est vrai que ces dégâts-là, ça amène une sexualité un peu foutue…
— Ça empêche d’aimer ?
— Aimer physiquement, peut-être, enfin au sens sexuel du terme. Mais non, pas dans l’âme, on peut aimer dans l’âme, et ça c’est d’une manière très forte… Mais c’est très délicat de raconter cela parce que pour chacun ce n’est peut-être pas pareil. Pour moi, oui, voilà. 
Et vous savez, on le sait aussi ça : des jeunes gars ou des jeunes filles qui ont été violés, c’est un fardeau, une honte que l’on porte pendant des années et des années. On ose pas dire « j’ai été ceci, j’ai subi cela ». Comme si la salissure ne partait jamais, et c’est ça le sentiment : c’est un corps sali, un corps sur lequel on aurait craché, et on ne s’en départi pas, jamais. "

 

À écouter au complet ici.

 


 

 

Quelques mots de Jean Marc Turine pour la radio VIVACITÉ

Une courte émission de Bruno Schmitz diffusée par VIVACITÉ durant le journal de 7H30 le 7 avril 2022.
Nicolas Kekatos à la rencontre de Jean Marc Turine pour son livre Révérends Pères.

"Qu'importe le nombre de prédateurs, je pense qu'une seule fois ça suffit, que ça dure dix minutes ou une heure c'est pareil. Le corps aura été pourri, sali par un acte, et la destruction qu'il provoque est immense et irréparable."

 

À écouter ici.

 


  

"Le Secret m'harcelait" Discussion avec Jean Marc Turine 
sur 
Bibliolouve Une heure à la bibliothèque

Un entretien en 6 épisodes avec Jean Marc Turine sur son livre Révérends Pères en compagnie de Véronique Janzyk. L'émission est diffusée sur Bibliolouve - Une heure à la bibliothèque le 4 avril 2022.

 

"Le Secret m'harcelait"...
Pourquoi avoir subi si longtemps, pendant des années, quatre ans, sans dire un mot ? "Ma mère a soupçonné quelque chose. Je n'ai jamais rien dit. J'ai voulu effacer cela de ma mémoire, je suis remonté plus loin que l'âge de mes treize ans, j'ai effacé plus loin. Je voulais que mes enfants et mes petits-enfants sachent. Mes fils ne veulent pas entendre ces histoires. Ils ont été effarés par le père souffrant que j'étais, alcoolique. J'avais commencé à écrire un texte en 1978, mais il n'était pas juste, il n'avait pas de musique, de virulence, d'amour et d'amitié ?
Pourquoi sortir du silence ? Le silence familial m'avait peut-être contaminé. Mon grand-père avait été gazé pendant la Guerre. Il était médecin. Il est sorti détruit de la guerre. Il buvait. Il avait pris des médicaments. Son histoire a été tue. Je lui a rendu hommage en écrivant mon roman Foudrol en 2006. Moi-même je n'ai pas voulu un mystère de cet ordre. Ma famille le devinait. Ils me voyaient boire. Aujourd'hui, je suis sorti de l'alcool. C'est difficile d'expliquer le pourquoi des choses, mes explications restent un peu dans le flou. Je ne sais pas si j'ai écrit l'indicible.

 

Une heure à la bibliothèque est l'émission de la Lecture publique initiée par le Réseau louviérois de Lecture publique et CFM. Son contenu est aujourd'hui largement partagé par les radios indépendantes en Hainaut et plus largement en Fédération Wallonie Bruxelles.

 

Écouter l'épisode 1 et l'épisode 2.

 


 

Révérends Pères de Jean Marc Turine dans En lisant, En écrivant

Article de Floredelain sur le site En lisant, En écrivant, publié le 28 mars 2022.

 

" L’enfant ne peut parler. Il sait bien qu’ils sont plus forts que lui, que les adultes ne respectent pas la parole enfantine, qu’elle est délégitimée à peine est-elle prononcée. Il sait bien aussi que ses parents l’ont inscrit dans cette institution catholique dans le but de lui assurer le meilleur enseignement, car cet établissement à bonne réputation. Ils vont même déménager et s’en rapprocher, mettant ainsi un terme aux seules joies de l’enfant qui tenaient à son quartier populaire et pauvre mais dans lequel il aimait vivre et où il comptait plusieurs copains. Conforme aux idéaux bourgeois de ses parents pour lesquels l’image qu’on donne de soi est essentielle, cette nouvelle adresse le coupe de tout ce qui pouvait le distraire de son calvaire.

Et puis comment expliquer ce qu’il ne s’explique pas à lui-même, comment passer au-delà de la barrière de la honte et de la culpabilité qui l’engluent, de la peur intense avec laquelle il vit tous les jours, comment répondre aux questions qu’on ne manquera pas de lui poser. Et si on ne le croit pas ? Aucun enfant n’a les mécanismes intellectuels et psychologiques pour comprendre ce qui lui arrive et prendre des décisions. Il est seulement écrasé et broyé, survivre est sa seule préoccupation, quand elle l’est encore.

Il ressent tant de haine pour ses bourreaux qu’il souhaite leur mort, seule façon de se délivrer d’eux pour de bon." 

 

Lire la suite de l'article ici.

 


 

"Le silence, âge de ténèbres"

Article de Cédric Petit dans Le Soir, 20 mars 2022

 


 

Podcast critique de Révérends Pères de Jean Marc TURINE

Émission Paludes de Nikola Delescluse, disponible sur Soundcloud le 25 mars 2022.

 

Extrait (-06.22min) :
Le texte de  Jean Marc Turine ne c’est pas écrit facilement ; il s’écrit bien des années après les événements, après ce que sa mémoire a tenté d’occulter, d’enfouir. Même si le corps n’a jamais totalement oublié ou fait disparaisse ses événements. Même s’il est conscient que tout cela l’a fracassé véritablement, a complètement bouleversé ce qu’il était comme individu. Ca a perturbé ses relations amoureuses, son développement, sa manière d’être au monde, sa confiance en lui.
Et c’est dans un état de sujétion permanente, comme s’il été soumis à la férule de ces êtres, comme s’ils avaient réussit à l’hypnotiser, qu’il relate ses souvenirs très parcellaires, fragmentés, dont on devine qu’il est très douloureux de les faire revenir au jour et de les faire revenir ici sous la plume. Le texte lui a coûté durs efforts, il a déjà trainé durant de très nombreuses années, et le fait de le voir enfin aboutir est aussi un moyen, non pas de régler ses comptes, puisqu’il a décidé de ne pas nommer les Révérends Pères en question, se contentant tout simplement de leurs initiales, ne cherchant nulle vengeance, c’est comme ça qu’il le présente, mais avec des termes, une violence, une douleur que l’ont sent fréquemment sous les mots.

 

à écouter ici.

 


  

La société vue par les romanciers - Dérives en tout genre

Article de Martine Freneuil publié dans La Quotidien du Médecin le 25 mars 2022.

 

 « Révérends pères » est un livre à part dans le travail de Jean Marc Turine, qui, sous la forme de documentaire ou de fiction pour la radio ou la télévision (il a reçu par deux fois le grand prix de l’Académie Charles Cros) ou par le livre (« la Théo des fleuves » a remporté le Prix des Cinq Continents de la Francophonie en 2018), n’a cessé de donner la parole aux sans-voix et aux opprimés. « J’écris, pour la première fois, sur des comportements ou des agissements qui se sont produits il y a près de soixante ans », commence-t-il : les agressions sexuelles répétées par des pères jésuites du Collège Saint-Michel à Bruxelles lorsqu’il était jeune garçon.

 

Lire l'article au complet ici.

 


 

À jamais "irréparé"

Article de Michel Paquot dans L'Avenir, 22 mars 2022. 

 

 


 

 

"Je voulais tuer ceux qui me faisaient ça"

Elise Racque, Télérama, 17 février 2022

 

 


  

"Jean Marc Turine : écrire enfin l’indicible"

Le Carnet et les Instants, un article de Nausicaa Dewez, 2022

 

" Dans ses œuvres radiophoniques, dans ses livres qui souvent leur répondent, Jean Marc Turine s’est attaché à donner voix à ceux et celles que l’on n’écoute pas : Liên, la jeune Vietnamienne au corps détruit par l’agent orange dans Liên de Mê Linh, ou le peuple rom dans La Théo des fleuves – un roman qui a valu à son auteur le prix des Cinq continents de la Francophonie. Avec Révérends pères, c’est un silence d’une autre nature que l’écrivain brise : il met en mots les agressions sexuelles que lui ont infligées à l’adolescence plusieurs jésuites, professeurs du Collège Saint-Michel où il était scolarisé, et désignés par une initiale dans le livre.

Le récit de Jean Marc Turine est de ceux qui ne nous quittent pas une fois le livre refermé. Il nous laisserait incrédules s’il n’était pas si évidemment vrai, si manifestement authentique. Car de son écriture toujours aussi juste et maitrisée, c’est une mécanique implacable d’abus de jeunes adolescents que l’auteur relate à partir de son histoire personnelle. Au Collège Saint-Michel où il menait en cancre (c’est lui-même qui le dit) une scolarité poussive, quatre de ses professeurs, des jésuites, l’ont violé, successivement et de façon répétée.

Tout autant que le récit des faits, le livre est aussi celui de la réticence à les raconter. L’auteur ne s’en est jamais ouvert à ses proches ou à quiconque, n’a jamais déposé plainte. Pour enfin livrer son histoire, s’en dé-faire peut-être (« avant ma mort »), c’est par l’écriture et non par la parole qu’il passe :

Donc écrire ce que je n’ai jamais révélé. Jamais. […] jamais je n’ai avoué, terme erroné puisque je serais dès lors coupable de ce qui m’a été imposé, jamais je n’ai raconté […] l’ampleur des dégâts, des blessures, avec la plus juste exactitude, la résurgence de l’existence vécue. Son intensité. Son désespoir. Sa déchéance. Sa turpitude. Son indicibilité. Sa banalité.

Sortant du silence, l’écrivain est alors confronté à la difficulté de témoigner – fût-ce de sa propre expérience. Son exigence? Raconter les faits « avec le plus de justesse possible » – ce qui implique à la fois d’écrire en toute sincérité, mais aussi d’être lucide sur les moments où l’exactitude se dérobe. Et d’en informer les lecteurs. Ainsi, souvent, Turine interrompt son récit pour faire état de trous de mémoire. Scrupuleusement, il note les moments où les souvenirs se font vagues, où l’incertitude règne. Autre difficulté : le choix des mots.  Sur ce plan aussi, Jean Marc Turine fait œuvre de rigueur, s’attachant à restituer le passé tel qu’il a été vécu et perçu, en le distinguant de ce qui constitue une mise en récit postérieure : certains termes n’étaient pas connus de l’adolescent, les mots de l’adulte s’imposent sur la réalité vécue par le jeune et rendent le récit plus précis, mais aussi partiellement inauthentique.

Parmi les mots qui sont venus plus tard, il en est un toutefois, que l’auteur revendique, car il est seul propre à qualifier les sévices que les prêtres lui ont fait subir :

L’irréversibilité du viol – est-ce autre chose ? – reste imprimée comme un tatouage illisible marqué au fer dans ce que je suis […]

Le viol se grave dans le corps de la victime, la conduisant à rejeter tous les contacts physiques amicaux, amoureux ou anodins :

Surtout qu’on ne me touche plus. Après ma libération, pendant de très longs mois, j’ai fui les baisers, les accolades, entre amis. Même un serrement de mains me révulsait.  

Alors, Jean Marc Turine s’autorise à exprimer la colère, la rage qui ne l’ont pas quitté : « Il est temps de l’écrire avant ma mort pour les anéantir définitivement, ces minables mecs ensoutanés, si banalement dépravés, parce que de pareilles infamies donnent envie de tuer ». Et le titre, Révérends pères, s’impose dans toute sa mordante ironie.

Le 19 février, France Culture a diffusé la version radiophonique du livre, mise en voix par Jacques Gamblin. Ainsi l’indicible est-il finalement dit. Par un autre. "

Nausicaa Dewez

 

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